Parcs à fabriques réduits à un seul monument

nymphe en contours

 

Le nymphée de Chatou



le domaine de Bertin
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Copyright de l'auteur : <Dominique Césari> (texte et illustrations)
Création : septembre 1999   -   Dernière mise à jour: 18 janvier 2003



Notes
  1. Pour les physiocrates , le niveau général d'activité d'un pays dépend de sa capacité de production agricole, le reste en dérive. Il ne faut pas tenir ce point de vue pour naïf: les théories économiques restent une succession d'approximations tendant à expliquer les mécanismes selon les contraintes du moment. A cette époque les pénuries agricoles restaient latentes. La faculté de nourrir la population et de disposer de traction animale constituaient un goulot d'étranglement réel. D'ailleurs Bertin ne négligeait pas l'industrie (sidérurgie, création de la manufacture de Sèvres, recherche d'un gisement de kaolin, trouvé à Saint-Yrieix).

    En matière agricole, son action est primordiale. On a cité son implication personnelle dans l'acclimatation de la pomme de terre et la création des écoles vétérinaires . Bertin est aussi l'instigateur de l'importation d'Espagne de troupeaux de race Mérinos. Celui destiné à la bergerie nationale de Rambouillet, contiguë de la Laiterie de la Reine arrivera plus tard. Dans l'ère des précurseurs Etienne Landais de l'INRA écrit : Un grand nombre de réformes décisives pour l'agriculture française furent menées à bien ou mises en chantier sous l'administration de Bertin, « ministre agronome ». L'école de Maisons-Alfort le cite dans "Les hommes du XVIIIème siècle qui ont marqué la botanique" .
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  3. Le plus concerné par ces échanges sur le style chinois est le Frère Jean-Denis Attiret (souvent appelé Père par erreur), peintre à la cour de Chine . Voir : article de Voltaire sur le beau (in fine), Peintres jésuites en Chine au XVIIIe siècle , aperçu sur l'ouvrage de Michel Beurdeley aux éditions Anthèse (1997).

    Le père Adam Schall en habit de la cour de Chine
    (emprunté au site des jésuites de la province de France )
    le père Adam Schall en habit de la cour de Chine

    Bertin était un grand amateur d'art chinois, sa collection passait pour la première de France. Son intérêt n'était pas qu'artistique, il s'est fait envoyer la terre de Kao-Lin, propre à la fabrication de porcelaine, pour faire rechercher le gisement adéquat, trouvé à Saint-Yrieix. Voir à ce propos : Virgile Pinot, "les physiocrates et la Chine au XVIIIème siècle", Revue d'histoire moderne et contemporaine Vol VIII, 1906-1907.

    Chamfort, qui détestait Bertin, rapporte dans ses mémoires : " Louis XV pensait qu'il fallait changer l' esprit de la nation, et causait sur les moyens d' opérer ce grand effet avec M. Bertin (le petit ministre), lequel demanda gravement du temps pour y rêver. Le résultat de son rêve, c'est-à-dire de ses réflexions, fut qu'il serait à souhaiter que la nation fût animée de l'esprit qui règne à la Chine. Et c'est cette belle idée qui a valu au public la collection intitulée : histoire de la Chine, ou annales des chinois. " Au-delà des rosseries, on voit que Bertin était convaincu des vertus de la Chine et qu'il fit prospérer son point de vue auprès du Roi.
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  5. Les chinoiseries sont des petites constructions de jardin (kiosque, pagodes, jeu chinois ...). Jean-Jacques Lequeu était dessinateur, il entra au cadastre. A cette époque où les limites du métier étaient mal définies, il se fit architecte et devint le fondé de pouvoir de Soufflot le Romain, neveu du grand Soufflot. Son style personnel serait plutôt proche de Ledoux et Brongniart. N'ayant pas de commandes, il ne s'est guère exprimé que dans des projets et bâtiments imaginaires. Il se spécialisa dans les chinoiseries pour se faire une clientèle. La Révolution ayant tari ces activités, il fut quelque temps dessinateur à l'Ecole Polytechnique nouvellement créée, ce qui rend encore plus amusantes d'autres de ses spécialités, à découvrir sur Gallica . De Philippe Duboy (Editions Hazan, 1987) : Jean-Jacques Lequeu : une énigme.
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  7. Rondelet était le plus brillant élève de Soufflot, il eut un rôle prépondérant dans l'achèvement du Panthéon à la mort de son maître, aux côtés de Brébion et de Soufflot Le Romain.
    Tout en étant architecte à part entière, il était particulièrement versé dans les questions techniques, en résistance des matériaux dirait-on aujourd'hui. D'où son rôle dans l'achèvement du Panthéon, dont la stabilité était gravement menacée par un sous-dimensionnement des piliers reprenant les charges de la coupole. Il eut un rôle d'ingénieur dans le développement de l'usage du fer en architecture dans les premières décennies du 19 ème siècle (intervention aux côtés de Bélanger pour la toiture de la halle aux blés).
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  9. Mme de Pompadour eut une influence importante sur les affaires de la France. Dans la dernière partie de sa vie elle fit tandem politique avec Choiseul et, tant qu'elle vécut, ils maîtrisèrent la situation à leur profit. C'est à cette époque qu'elle soutint Bertin et bien d'autres. Il ne faut pas y voir des passe droit imposant des individus par complaisance, mais des combinaisons politiques avec soutiens et retours, dans lesquelles la favorite du roi était une des principales parties prenantes.

    En 1764, à la mort de Mme de Pompadour, Choiseul ne parvint plus, seul, à contrôler le pouvoir à son profit. Bertin, comme plusieurs des anciens obligés, passa au clan anti-Choiseul. En trois ans, ils obtinrent sa disgrâce, qui aboutira plus tard à l'exil à Chanteloup. C'est probablement l'ultime moment où auraient pu être engagées des réformes politiques majeures évitant à la monarchie de sombrer dans la Révolution. Le décès à 43 ans de Mme de Pompadour n'est pas étranger à l'enchaînement y ayant conduit !
    Voici des passages d'une lettre que Choiseul écrivit à Louis XV pour éviter la disgrâce :

    «La méfiance de Votre Majesté (à l'égard de ses serviteurs les plus zélés) provient des délations qu'Elle laisse approcher d'Elle. De bonne foi, Sire, pouvez-vous croire qu'un maréchal de Richelieu, une d'Esparbès, un Bertin, un d'Amécourt, un vieil abbé de Broglie, soient des sujets dont l'opinion puisse altérer la confiance que vos ministres méritent? ... Quand nous savons que ces espèces méprisables ont la liberté de vous écrire sur nous, le dégoût s'empare de nos esprits... L'honneur est attaqué en vous servant.»
    ....
    «Madame d'Esparbès se donne pour être votre maîtresse dans Paris et se déchaîne contre moi et contre ma famille dans les termes les plus odieux; la considération du ministère, qui n'est autre que la vôtre, est anéantie dans la capitale...»

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