|
Les Leasowes Ah! Maria ... Ah! farewell! |
||
En 1745 le poète William Shenstone créa sur une trentaine d'hectares des jardins d'une grande sensibilité à Halesowen (Worcestershire).
Cette propriété héritée de son père était une ferme de rapport. N'ayant pas les moyens financiers d'un Laborde ni même du marquis de Girardin, ses jardins ne se distinguent pas par l'accumulation de fabriques ni par le luxe d'espèces rares, mais par la composition du paysage.
Dans des vallons assez encaissés, des promenades furent aménagées dans les bois et parsemées d'urnes, de bancs et de cabanes de racines portant des dédicaces et des poèmes. L'élément le plus remarquable du jardin était sans doute le réseau de ruisseaux tombant par endroits en cascades, reliant des bassins étagés. Des trouées ménageaient des échappées sur le paysage alentour.
| The priory Ruins | |
|
Les emplacements les plus prestigieux étaient Virgil's Grove, pelouse nimbée de mystère, enserrée par les bois au fond d'un vallon aboutissant à la cascade principale, ainsi que les échappées le long d'une enfilade d'étangs, découvrant des vues sur la vieille église normande d'Halesowen. Parmi les nombreuses urnes et bancs dédiés, la plus touchante est celle de l'urne de Maria Dolman (cousine bien-aimée du poète, morte à 21 ans), à un carrefour de chemins. |
En dehors de ces ornements, les constructions, en nombre limité, comprenaient essentiellement une ferme ruinée servant d'habitation au garde, le temple au dieu Pan, l'obélisque de Virgil's grove (dédié au poète latin), des portes en ruine et le prieuré en ruine (gravure ci-dessus) inspiré de l'authentique abbaye d'Halesowen ruinée, dont quelques éléments furent remployés.
Le marquis de Girardin visita les Leasowes vers 1760. Il fut enthousiasmé, voyant se concrétiser le modèle imaginaire que lui avaient inspiré sa rêverie et la lecture de Rousseau. La nature était à la fois respectée et embellie pour y trouver paix et réflexion. Plusieurs inscriptions qu'il fit graver à Ermenonville sont traduites de Shenstone, en particulier celle de la grotte des naïades qui dérive de celle de la cabane de racines de Virgil's Grove, et celle de la grotte de la fontaine.
Malheureusement, les jardins ont énormément souffert par la suite. Trés admirés à leur création en raison de leur caractère novateur (et aussi objet des critiques de quelques détracteurs), ils tombèrent dans un oubli relatif. Ils subsistent encore dans une extension proche de l'origine (une partie se trouvant toutefois dans l'emprise du golf d'Halesowen), mais les ornements ont pratiquement totalement disparu.
En 1997, un fonds d'Heritage Lottery a été dégagé pour leur restauration. La reconstitution du bassin supérieur, clef des ruisseaux, a commencé mais s'est arrêtée, suite à l'enchérissement du coût du projet.
Inscription du temple au dieu Pan :
Pan, god of shepherds, first inspir'd our swains,
Their pipes to frame, and tune their rural strains, Pan from impending harm the fold defends, And Pan the master of fold befriends. Inscription de l' "Assignation Seat"
O Galatea ! Nereus' lovely child,
Sweeter than Hybla thyme, more undefil'd Than down of Swan, or ivy's purest white When the full Oxen, wan'd by fading light Home to the stall their sober footsteps bend, If Damon's dear to Damon's call attend. Dédicace de l'urne de Maria Dolman :
Sacred to the memory
of a most aimable kinswoman Ah! Maria
most elegant of nymphs! Snatched from us in thy bloom of beauty Ah! farewell! How much inferior is the living conversation of others to the bare remembrance of thee! |
Inscription d'une des cabanes en racines dans Virgil's Grove :
Here, in cool grot and mossy cell,
We, rural Fays and Faieries dwell; Tho'rarely seen by mortal eye, When pale moon, ascending high, Darts thro' yon limes her quiv'ring beams, We frisk it near these crystal streams Her beams, reflected from the wave, Afford the light our revels crave; The turf, with daisies broider'd o'er Exceeds, we wot, the Parian floor, Not yet for artful strains we call, But listen to the water's fall. Would you, then, taste our tranquil scene, Be sure your bosoms be serene, Devoid of hate, devoid of strife, Devoid af all that poisons life; And much it 'vails you in their place To graft the love of human race. And tread with awe these favour'd bowers, Nor wound the shrubs nor bruise the flowers; So may your path with sweets abound, So may your couch with rest be crown'd, But harm betied the wayward swain Who dares our hallowed haunts profane. La traduction de ce poème est gravée |
|
| ||
Tous ces poèmes sont de William Shenstone
| ||
|
| ||
|
Dans les "Inscriptions" | ||