Parcs à fabriques de la région parisienne

Temple d'Amour contours

 

Bonnelles



historique - le parc de 1780
évolution - état actuel
vues
plan

visite, liens
   

Le parc de 1780
 

Bonnelles est situé dans les Yvelines, à l'extrémité sud-est du massif forestier de Rambouillet.

Un ancien château, ruiné par un incendie, fut démoli en 1764. Sur son emplacement le marquis de Bonnelles fit construire un nouveau château, qu'il légua à sa nièce Anne de Bullion, épouse de François Emmanuel de Crussol, duc d'Uzès. Celui-ci fit doubler le château en 1782 et aménager le parc qui l'entoure en jardin anglo-chinois, orné de fabriques. Ce parc a été décrit par Le Rouge dans son douzième cahier externe des "Jardins anglo-chinois". On ne dispose guère d'autres renseignements.

Le plan que nous livre Le Rouge montre un parc d'une cinquantaine d'hectares, où le jardin anglo-chinois n'occupe qu'un cinquième, son cœur réellement orné ne dépassant pas deux hectares. Mais quelle partie ! le Rocher en forme d'une tortue géante et les fabriques qui l'accompagnent composent un des tableaux les plus fameux de toute l'histoire de ces parcs (voir l'image ci-dessous). A cet endroit, la rivière anglaise s'élargit et se divise en bras autour d'îlots. Le principal accueille le rocher, surmonté d'un pavillon chinois. Deux passerelles chinoises franchissent les bras de la rivière; sur le petit îlot intermédiaire se trouve le Pavillon du Philosophe.

Grâce à ce plan, j'ai pu localiser les soubassements de la rocaille au bout de la rivière anglaise, très dégradés, enfouis dans la végétation. Ces reliquats ne sont absolument pas signalés. Il faut dire qu'il serait bien difficile de sensibiliser les promeneurs à ces blocs dont le sens n'est plus lisible...

Une longue perspective rectiligne s'étendait depuis le château (plus proche de la limite nord-est que celui qui l'a remplacé) bien au-delà de la limite du parc enclos et créait une continuité avec des bois périphériques moins vastes, aux petites allées sinueuses. Le plus grand correspondrait à la Réserve actuelle. Mais on ne voit pas de continuation de la Rivière anglais, ni d'étang, dont je suppute qu'il fut creusé par la suite. Le reste du parc comptait pour les deux tiers un vaste bois aux allées rectilignes, toutefois parcouru de quelques chemins sinueux. Le plan de Le Rouge nous apprend l'existence d'une chaumière et d'une glacière dans le coin nord-ouest, l'une et l'autre à des carrefours d'allées. La chaumière a certainement disparu : c'est le sort de ces constructions en bois, fantaisie d'un moment. La glacière, surmontée d'une rocaille massive, paraît encore intacte sur les photos de la fin du 19ème. C'est qu'il faudrait une volonté déterminée pour en venir à bout ! N'ayant pas accès à cette partie privée, je n'ai pas pu en chercher de traces mais il n'est pas exclu qu'elle soit toujours là, au bout du parc, à l'ouest du château en ruine, abritant juste quelques chauve-souris ...


 
Gravure du cahier 12 de Le Rouge : le Rocher, surmonté du Pavillon chinois - à droite, au pied de la passerelle chinoise, la Maison du Philosophe
le rocher de Bonnelles

 

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Évolution - le parc actuel
 

A la Révolution, les Uzès émigrèrent et leurs biens furent confisqués. Le second château, laissé à l'abandon, fut démoli à la fin du 18ème siècle et le domaine connut une éclipse. Il retrouva son lustre après le rachat par les Uzès de retour d'exil; Géraud de Crussol, duc d'Uzès, fit construire en 1849 par les architectes Froelicher et Clément Parent un nouveau château à côté du précédent. Les reliquats du parc à fabriques furent englobés dans le domaine, qui est connu sous le nom de " château de la duchesse d'Uzès " car cette personnalité externe en vue à la fin 19ème, l'occupa et le marqua de sa présence, y tenant en particulier un équipage de chasse à courre de premier plan.

En lien avec le Parc naturel de la haute vallée de Chevreuse, la commune a créé à cet emplacement une réserve naturelle pour l'observation des oiseaux et la promenade, qui englobe la pièce d'eau du parc à fabriques. Elle a restauré l'embarcadère et quatre ponts de pierre, dont le fameux pont portant un kiosque dit temple d'Amour.

A priori ce Pont d'Amour, ainsi que les trois autres fabriques existant au début des années 1900, visibles sur les cartes postales anciennes, furent ajoutées par la suite, puisqu'ils ne figurent pas sur le plan de Le Rouge : Il s'agit de la mosquée, la canardière (un petit pavillon de briques octogonal muni de meurtrières et couvert de paille) et un embarcadère (l'abri d'observation est au même emplacement mais a visiblement été reconstruit). On ne trouve pas d'étude historique précisant à quelle époque ces trois éléments ont été ajoutés mais le style de la mosquée et de l'embarcadère est clairement de la dernière partie du 19ème

La pièce d'eau, dite aujourd'hui étang des trois ducs, garde beaucoup de charme, mélange de sauvagerie et de reliquats raffinés, en particulier de grands arbres aux espèces choisies, l'île et les ponts. De la rive de l'étang en retour du temple d'Amour, on a une vue saisissante sur l'ensemble. Bien que cette pièce d'eau ne fisse pas partie du parc du 18ème décrit par Le Rouge, la conjonction de ces éléments permet de trouver là l'esprit des parcs à fabriques. Malheureusement une végétation sans valeur occulte la perspective vers le château que l'on voit sur les cartes postales anciennes. Il faut s'avancer plus loin vers la grande pelouse, qui s'ouvre sur le château de la duchesse d'Uzès, propriété privée, d'allure imposante malgré son délabrement. La rivière anglaise serpente sur le côté. Il est prévu de curer l'ensemble.

 

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Vues du château et du parc
 

 

Chateau des ducs d'Uzès

chateau vu de la rivière anglaise

Le château "de la duchesse d'Uzès"

 

La rivière anglaise et le château

 

 

Temple ou pont d'Amour

 

Le temple ou pont d'Amour

 

Temple ou pont d'Amour

Temple ou pont d'Amour

Le temple ou pont d'Amour

 

Temple ou pont d'Amour

Temple ou pont d'Amour

Le temple

 

 

Temple ou pont d'Amour

 

L'étang des trois ducs, avec l'île et le pont d'Amour

 

Autre pont

Autre pont

autres ponts

Pont en retour du temple d'amour, franchi par le chemin longeant l'étang des trois ducs.

Pont au bord du petit étang, enjambant le canal provenant de l'étang des trois ducs.

 

Rocaille

Rocaille

restes de rocailles au bout de la rivière anglaise
je les identifie de façon quasiment certaine au soubassement de la fameuse rocaille disparue, sur laquelle était posé un petit pavillon chinois

 

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Plan
 
Bonnelles : plan d'ensemble



Éléments subsistant
(numéros rouges):

1 - rivière anglaise
2 - rocaille du
pavillon chinois
3 - temple d'Amour
4 - l'étang

Traits rouges :
ponts restaurés


Fabriques disparues
(non repérées)

- canardière
- mosquée

plan des éléments visibles

 



Autres éléments :
(numéros noirs) :

5 - "embarcadère"
(affût d'observation)


Ainsi que :

C château "de la duchesse d'Uzès"
E - entrées
de la réserve
P - parking

 

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Visite, liens
 

La réserve naturelle est un lieu public que l'on peut visiter a priori à toute heure, même de nuit. Pour préserver la quiétude de la faune, les chiens sont interdits.

Accès : sortir de Bonnelles en direction de Saint-Arnoult-en-Yvelines. A moins d'un kilomètre on voit sur la droite le premier étang et, à gauche une station d'épuration. Au bout du mur de clôture, à droite, grille donnant accès à la réserve. Autre accès possible par le nord en longeant les terrains du stade dans le pré sous l'église.



Mes vifs remerciements à la mairie de Bonnelles et au parc naturel pour leur aimable accueil
et les renseignements qu'ils m'ont communiqués

 


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Tous droits réservés de l'auteur, Dominique Césari (texte et illustrations)
page créée en novembre 2001  -  dernière mise à jour : 20 décembre 2016