Méréville
    Le naufrage au Port des Français
 

Les fils de Laborde dans l'expédition de Lapérouse
Naufrage au Port des Français
Les frères Laborde ont-ils chaviré en portant secours à l'autre canot ?
Lituya Bay
Témoignages du naufrage

 

haut de la page page précédenteretour accueil plan du site homepage

signale les
liens externes


Auteur : <Dominique Césari>, droits réservés (sauf mention dans le texte)
Page créée en décembre 2002 - quelques mises à jour en décembre 2009

Notes
  1. Il n'est pas sans importance de donner leur nom complet, car Lapérouse les nomme respectivement de Marchainville et Boutervilliers. Ils furent promus au cours de l'expédition, comme la plupart des officiers.
  2. retour au (1)retour

  3. L'instruction qu'aurait donnée Marie-Antoinette est rappelée dans les ouvrages sur Méréville. Je n'ai pas eu l'occasion de voir de source originale à ce sujet.

    Je suis un peu étonné que dans le Voyage de Lapérouse soit précisé page 168 que M. de Langle (commandant en second, capitaine de l'Astrolabe) prenait la précaution de ne jamais envoyer les deux frères Laborde ensemble à des corvées, sans faire référence à une instruction de la reine. De plus, cette formulation implique que les deux frères étaient placés sous le commandement de de Langle et qu'ils étaient donc tous deux sur l'Astrolabe. En revanche, la façon dont Lapérouse mentionne qu'il n'avait pas personnellement connaissance de la présence du plus jeune aux côtés de son frère dans la biscayenne de l'Astrolabe, dont j'ai parlé ci-dessus, pousse à penser que ce n'était pas une question neutre, et donc, indirectement, qu'il pourrait bien y avoir eu des instructions.
  4. retour au (2)retour

  5. Ces deux frégates étaient des flûtes, c'est à dire des bateaux de charge, reconvertis pour l'expédition et rebaptisés frégates. La circumnavigation entreprise nécessitait des capacités de charge plutôt que du rendement et de l'armement.
  6. retour au (3)retour

  7. Lapérouse utilise la dénomination de "biscayenne", embarcation à deux mats aux extrémités effilées (en anglais "Biscay boat"). C'est la txalupa handi basque. Plus au nord, la bisquine typique de Cancale et Granville en est proche, et le nom de bisquine est parent de biscayenne. Nombreuses encore à la fin du 19ème siècle, elles survivent grâce au travail acharné de passionnés : voir le superbe site de Jacques Turbert .
  8. retour au (4)retour

  9. Le rapport de Boutin laisse une incertitude sur la pointe où se tenaient les Indiens (que d'ailleurs il appelle "américains"). Il les mentionne sur la pointe est, puis, quand il rentre dans la baie, sur son bâbord, c'est à dire la pointe ouest (sauf s'il entre à reculons). En revanche il n'y a pas d'incertitude sur le fait qu'il soit éloigné de la pointe où ceux-ci se tiennent quand il échange des signes avec eux.
  10. retour au (5)retour

  11. Les Tlingit (indiens de la baie) avaient gardé dans leur tradition orale le souvenir du passage de l'expédition et du naufrage , recueilli en 1886 par un officier de marine américain auprès d'un chef local. Pour émouvant qu'il soit, ce dire est une interprétation chamanique de l'évènement et du sort des âmes après la mort, mais n'éclaire pas les circonstances du naufrage.
  12. retour au (6)retour

  13. Composition des équipages des trois embarcations envoyées sonder l'entrée de la baie le 13 juillet :

    Quatre passages du "Voyage de La Pérouse autour du monde" comportent des indications sur les équipages protagonistes du drame. Il faut noter que chaque embarcation dépend d'un des vaisseaux et qu'elle est sous la responsabilité du capitaine de ce vaisseau. Aussi, Lapérouse précise les officiers montés à bord de la biscayenne de son propre vaisseau, la Boussole. Boutervilliers (Ange Laborde) n'est pas cité. A contrario, il indique que la biscayenne de l'Astrolabe était sous le commandement de Marchainville (Edouard Laborde) et qu'il ignorait quels officiers l'accompagneraient. Ceci exclut implicitement qu'Ange Laborde fût sur la Boussole et montât dans la biscayenne de d'Escures; il était forcément dans l'autre, commandée par son frère. On ne peut qu'observer que Lapérouse se dégage au passage de la présence simultanée des deux frères Laborde à bord de la biscayenne de l'Astrolabe. Les regrets exprimés par de Langle sont formulés d'une façon ayant une moindre portée conclusive mais vont dans le même sens. Le rapport de Boutin confirme l'affectation des commandements des biscayennes et donne la composition complète de l'équipage de son canot (en ce sens il n'apporte pas d'éléments concernant la présence d'Ange sur la biscayenne de l'Astrolabe commandée par son frère). Toutefois, les propos prêtés à de Langle sont consignés par Lapérouse, qui peut être tenté d'atténuer sa propre responsabilité générale de l'expédition. Enfin, le texte laissé dans la bouteille enterrée au Cénotaphe, transcrit dans la relation du voyage, place les deux frères Laborde dans la même embarcation.

    En combinant ces descriptions, on déduit la composition suivante des équipages :
    biscayenne de la Boussole : le lieutenant de vaisseau d'Escures, commandant l'embarcation et l'ensemble du détachement. Officiers : De Pierrevert et de Montarnal (parent de Lapérouse). Le maître pilote de la Boussole. Sept matelots. Total 11 hommes, disparus dans le naufrage.
    biscayenne de l'Astrolabe : de Marchainville (Edouard Laborde), commandant l'embarcation. Officiers : de Flassan, Ange Laborde de Boutervilliers. Autres non précisés. Total 10 hommes, disparus dans le naufrage.
    petit canot de la Boussole : Boutin, commandant le canot. Mouton, lieutenant de frégate, son second. équipage : Jean Marie, patron; Lhostis, Le Bas, Corentin Jers, Monens, matelots. Total 7 hommes.

    En outre, une annexe du "Voyage autour du Monde" cite les noms des disparus, en les rattachant à l'équipage de chacune des frégates; il correspond en tout point à la reconstitution ci-dessus. Mais il pourrait laisser un certain doute entre l'appartenance à un équipage de frégate et la présence sur telle ou telle embarcation, encore qu'il n'y ait pas de raison à des échanges entre les équipages. Je préfère donc rester dans le périmètre des rapports du drame.

    Si Edouard de Laborde s'est exposé en portant secours à la biscayenne de la Boussole commandée par d'Escures, il avait donc un geste courageux, mais qui n'était pas motivé "par le désir de sauver son frère".
  14. retour au (7)retour

  15. Le témoignage des équipages est extraordinaire. La secousse les a alertés et ils ont immédiatement porté leur regard vers le fond de la baie; ils ont vu la vague terrifiante et ont cherché à lancer leurs moteurs pour sortir de la baie; la vague mit quelques minutes à les atteindre. Ne quittant pas la menace des yeux, certains ont vu le glacier Crillon (dans le bras au fond de la baie à droite, dit "Crillon inlet") soulevé par dessus les montagnes qui ferment le bras et le masquent habituellement. Je n'ai pas lu d'analyse de ce dernier point; la langue terminale du glacier aurait été soulevée de plusieurs centaines de mètres; ce n'est certes pas l'ébranlement du séisme qui a pu le faire. La vague, en s'engouffrant dans ce bras, a-t-elle soulevé le glacier par en dessous ? (il est à noter qu'à cette époque, la langue du glacier arrivait à la mer; aujourd'hui elle a reculé de plus d'un kilomètre; Cascade Glacier a également reculé)
    Quand la vague est arrivée sur eux, elle atteignait encore une trentaine de mètres. Tout ceci relativise les catastrophes naturelles de nos contrées.
  16. retour au (8)retour

  17. Le rapport de Lapérouse est très précis. La relation du voyage alterne avec de très nombreuses observations naturalistes, géographiques et ethnographiques, qui en font une oeuvre scientifique : c'était bien un des buts de l'expédition.

    Je n'en suis que plus surpris de la naïveté avec laquelle Lapérouse signale qu'il espérait que le Port des Français fût l'estuaire d'un grand fleuve ou l'exutoire d'un bras de mer permettant de remonter dans les terres et peut-être de trouver le passage du nord (qui était un des buts de l'expédition). Un exutoire ? je ne suis pas marin, mais les vues de Lituya Bay au ras de l'eau me semblent exclure totalement cette hypothèse, surtout aux yeux d'un navigateur qui venait de contourner la Patagonie. Un grand fleuve ? bien que la passe connaisse un courant rapide, ce n'est absolument pas en rapport. Sans doute faut-il faire la part de la nécessité pour Lapérouse de renforcer les raisons d'explorer la baie, escale qui coûta le naufrage.
  18. retour au (9)retour

  19. C'est probablement une méprise de Lapérouse, qui rapporte l'éruption d'un volcan de Californie vue de la mer, alors qu'il s'agissait vraisemblablement de feux d'indigènes.
  20. retour au (10)retour