Parcs majeurs disparus
 

  Le parc du Raincy

historique
reliquats du domaine
vues anciennes
  

 

Historique

Construit en 1658, le château était l'une des plus remarquables résidences autour de Paris, avec des contributeurs de niveau royal : plans de Le Vau, jardins de Le Nôtre. Les Orléans y aménagèrent en deux époques un parc à fabriques majeur.

Le château était entouré d'un domaine d'environ 300 hectare, bien plus vaste que les parcs à fabriques de la périphérie de Paris. Il était depuis 1768 entre les mains du duc d'Orléans en titre, donc au début le père du duc de Chartres, le vieux duc, dit irrévérencieusement "gros Louis" en raison de son embonpoint. Celui-ci fit d'une part agrandir le château par l'architecte Piètre, d'autre part aménager un jardin anglais avec étang, rocailles et fabriques.

En dehors de l'existence d'un château considérable, la caractéristique du parc n'était pas la multiplication de fabriques précieuses, mais son étendue, le nombre de pièces d'eau, et la présence d'un grand nombre d'animaux, d'une part dans un zoo, d'autre part des daims en liberté (dans la limite de l'enceinte), que les invités s'employaient régulièrement à traquer. Plusieurs constructions gothiques se mariaient à l'ambiance sylvestre de la périphérie. La fabrique la plus remarquable était la grotte des bains, rocaille cyclopéenne retombant sur des piliers massifs au bout d'une pièce d'eau, dans laquelle les embarcations pouvaient s'aventurer (voir la carte postale ancienne).

A la mort de son père en 1785, le duc de Chartres, qui avait fait aménager le parc Monceau, hérita du Raincy, et accéda par ailleurs au titre de duc d'Orléans. Animé de visées libérales, il voulut transformer le Raincy à l'image d'une campagne idéale, où la paysannerie ne vit pas à l'écart des princes. Des chalets et chaumières furent construits autour du château, l'ensemble composant des fermes ornées.

Sous le Directoire, le domaine fut racheté par le munitionnaire Ouvrard, une des premières fortunes de l'Empire, qui y rétablit les fastes et y reçut les visiteurs les plus éminents. Napoléon, qui n'avait que mépris pour Ouvrard, qu'il considérait non sans raison comme un exploiteur, finit par écarter ce dernier et racheta le Raincy en 1811. Mais les déboires des dernières années de règne de l'Empereur, non seulement ne lui permirent pas d'occuper le domaine, mais le conduisirent à en négliger l'entretien. A la Restauration, Louis-Philippe, fils de Philippe Égalité, racheta cette propriété familiale. Il résida quelque temps dans les Maisons russes, car le château, occupé par les Prussiens, était dans un tel état de délabrement qu'il fut abattu en 1819.


 

Reliquats du domaine

La ville du Raincy a été construite à l'emplacement du domaine, et les rues reprennent le tracé des allées (allée du chenil, allée des maisons russes, allée de la pièce d'eau, du jardin anglais, etc..). Le reste le plus spectaculaire est la partie du parc où a été construit le lycée, dans le quadrilatère formé par la rue Thiers, l'allée du Jardin anglais, la rue Valéry Lefebvre et le boulevard de l'Ouest. Le parc est largement ouvert à la vue depuis l'extérieur, les arbres sont magnifiques, mais on ne peut qu'entre-apercevoir la pièce d'eau depuis le boulevard Thiers.

On peut repérer des restes assez transformés aux différentes adresses ci-après (façades et toitures du chenil, des maisons du régisseur, du jardinier), et saisir l'ampleur du parc dans le plan actuel. En revanche, les éléments subsistants sont trop dispersés et trop confrontés au bâti moderne pour permettre de percevoir l'esprit du jardin anglais, pas même fugitivement.

D'après la base de données Mérimée, et sous réserve de l'appariement adresses/vestiges :

 

arbres dans le parc du lycée

pièce d'eau de l'orangerie dans le parc du lycée

 

le jardin anglais

 

la pièce d'eau de l'orangerie

 

Les deux sont dans le parc du lycée Albert Schweitzer.


 

clocheton de la grange de la ferme, devenue église Saint-Louis

 

église Saint-Louis, ancienne grange de la ferme


Le clocheton de l'ancienne grange est bien reconnaissable, voir la vue ancienne du hameau ci-dessous.


  Sources
 

Le parc ne semble pas avoir été l'objet d'ouvrage récent qui lui soit dédié.

 

Liens ajoutés en 2014 :

 


 


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Texte de Dominique Césari, droits réservés
Dernière mise à jour : dimanche 20 avril 2003

Vues anciennes

Très exceptionnellement, j'affiche des vues anciennes pour ce parc, puisqu'il est impossible d'en témoigner par des photographies actuelles. Ces vues proviennent du site Gallica lien externe de la BNF. Elles y sont signalées libres de droits; pour autant, leur reproduction commerciale ne serait pas possible. Je ne les affiche ici que parce qu'elles sont présentées dans des pages dynamiques vers lesquelles on ne peut pas pointer directement.

 

le hameau du Raincy, au milieu du 19ème siècle

© Gallica

la porte de Chelles

 

 

Cette pièce d'eau est celle que l'on voit sur de nombreuses cartes postales des dernières années du 19ème siècle, avec la mention "pièce d'eau de l'église". Il semble qu'elle ait été comblée par la suite. L'église dont on voit le clocheton avait été installée dans la grange du hameau. Le bâtiment existe toujours, mais accolé à d'autres constructions qui changent son allure. On reconnaît en revanche très facilement le clocheton, au début du boulevard du Nord.

 

La porte de Chelles a été construite en 1780 dans le genre gothique. Cette fabrique a été détruite.
On peut remarquer sur la vue agrandie deux cavaliers au galop, élément d'iconographie très usité dans les vues du parc du Raincy, comme les daims d'ailleurs. Ces deux éléments : course de chevaux et cervidés dans le parc étaient en effet typiques de ce domaine.

 

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