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la Malmaison :
la Malmaison ... " (1) historique le parc le temple de l'Amour vues du parc et du temple visite, liens |
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La Malmaison jouit d'une réputation mondiale, justifiée par son charme, mais soutenue avant tout par l'aura de l'Empereur, son souvenir et celui des siens. Cette image est si forte que la commune de Rueil, où elle se trouve, est devenue Rueil-Malmaison (Hauts de Seine).
Cette page ne s'attache pas à l'ensemble de la Malmaison, mais à son parc et aux liens avec le style anglo-chinois. Encore cet éclairage reste-t-il bien partiel car je n'ai pas encore réuni suffisamment d'informations.
Si la Malmaison est supposée avoir été un camp Normand, quand ceux-ci pillaient les rives de la Seine au 10ème siècle, la plus ancienne mention écrite remonte à 1244, dans la liste des possessions des religieux de Saint-Denis. Le château fut aménagé dans la première moitié du 18ème siècle, par les d'Aguesseau, puis subit plusieurs modifications. L'homme de lettres Marmontel y résida dans les années 1760 et 1770 comme pensionnaire de Mme Harend ou Harenc, une des occupantes successives; il était le membre le plus éminent du cénacle littéraire qu'elle y réunissait. Jacques Jean Le Couteulx du Molay (1740-1823), fermier général des eaux de Paris, acheta la Malmaison en 1771. Lui aussi y reçut de façon mondaine, avec la compagnie d'hommes de lettres et d'artistes, dont l'abbé Delille et Elisabeth Vigée-Lebrun. Le Couteulx fit construire une tour à quatre étages sur le coteau dominant le château, et quelques autres fabriques, dont un premier temple et le petit pavillon d'été. Il soutint la Révolution, mais fut ruiné et laissa le domaine à l'abandon.
La Malmaison devint en 1799 la résidence du Premier Consul et de Joséphine de Beauharnais, sa première épouse. Quand ils se séparèrent en 1809, elle reçut le domaine. Il est avant tout son oeuvre; c'est elle qui n'avait eu de cesse de l'acheter, pendant que Bonaparte était en Egypte, et s'attacha à l'embellir, orientant les transformations.
A son arrivée, la bâtisse était délabrée et le parc, d'une trentaine d'hectares, en piteux état. Ses premiers soins allèrent au château, bâtiment assez simple, restituant à dessein une allure extérieure plus flatteuse que sa consistance effective. Il ne fait pas plus d'une dizaine de mètres de profondeur, ce qui est peu pour sa carrure. Au rez-de-chaussée, les pièces de réception se présentent en largeur et occupent toute la profondeur disponible; il n'y a pas de couloir de circulation, les pièces en enfilade se commandent mutuellement. Il n'y a pas non plus d'escalier d'honneur, on monte à l'étage par de petits escaliers moindres que ceux d'un immeuble bourgeois. La plus grande partie des façades est en maçonnerie de briques enduite. On lit dans ce plan une demeure de commodité, conçue primitivement sans grande ambition architecturale. Le château fut rapidement remis en état et consolidé par Percier et Fontaine. En 1800, ils ajoutèrent des contreforts en piédroits sur la face avant, dont la stabilité était menacée par les fossés qu'on avait creusés à son aplomb. L'intérieur fut remanié pour ouvrir des pièces plus vastes, par exemple la bibliothèque du Premier Consul, formée par la réunion de trois pièces antérieures.
La vraie gloire de Malmaison fut son parc et ses collections botaniques, mais cette splendeur fut brève, dès 1825 elle était passée. La création du parc comprend plusieurs étapes imbriquées et mouvementées. Ce fut compliqué d'y arriver ! Joséphine voulait tout, tout de suite, et assez vite autre chose. Je n'y vois pas d'indécision, mais un bouillonnement de désirs, après les dramatiques années écoulées. Et un goût qui cherche son expression. Au début, Joséphine voulait un vrai parc à fabriques, avec des précipices et des rivières, à l'image des parcs à fabriques des dernières années de l'Ancien Régime. Elle fit appel simultanément au jardinier écossais Howatson (intervenu au début de Bagatelle) et à Morel (2), devenu "patriarche des jardins". Howatson fut écarté, mais Fontaine intervenait à côté de Morel, qui remettait en cause les plantations du premier, tout en bâtissant un peu lui aussi. Un peu plus tard, Bonaparte, qui trouvait que tout cela coûtait fort cher, imposa l'architecte Lepère. De cette cacophonie resta toutefois l'aménagement de Saint-Cucufa, et ses pavillons, par Morel, prémisses des captages qui plus tard autoriseront l'ampleur de la rivière anglaise. Morel réalisa également le chalet suisse au bord d'un petit étang (vers l'emplacement actuel du mauoslée au prince impérial), et mit la première main à la grande serre, achevée en 1805 par Thibault et Vignon.
A la fin de 1805 Joséphine fit appel à Berthault, qui devint architecte en titre en 1807.
Il se consacra essentiellement au parc. Son projet
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servi par l'augmentation de l'emprise, qui atteignit 800 hectares, ouvre partout la vue sur l'horizon, qui par chance présentait des perspectives flatteuses (sur les coteaux du bord de Seine portant l'aqueduc de Marly, sur le château de Saint-Germain, ...).
Berthault n'est pas un théoricien des jardins, c'est un praticien pragmatique, à l'écoute de ses commanditaires, magicien dans la composition des volumes plantés, au service de ses buts.
Berthault intégra aux plantations nombre d'espèces rares des nouveaux continents, qui mirent le parc au premier plan des jardins d'acclimatation d'Europe.
La grande serre chaude fut l'élément le plus remarquable; on y élevait en particulier l'ananas et la canne à sucre.
Joséphine entretint des botanistes (Ventenat, puis Bonpland), qui veillaient sur les espèces exotiques (4), aussi ambitieuses que celles du Muséum.
L'Europe entière rivalisait pour se procurer de nouvelles espèces, par des expéditions botaniques et zoologiques, et par des échanges.
Joséphine poursuivit un moment l'acclimatation zoologique en parallèle avec la botanique. La Malmaison vit des kangourous, des émeus, bien d'autres espèces, mais sur ce plan fut surtout célèbre
pour avoir été le lieu de la première reproduction en Europe des cygnes noirs "du détroit de Bass" (sud de l'Australie) (5).
Les gravures et peintures ne manquent pas d'incorporer un couple de ces cygnes.
Une rivière avec cascades, traversée de ponts de bois, parcourait le parc. Elle enserrait une île et se jetait dans un petit lac, à l'arrière de la grande serre chaude. Des statues l'ornaient; l'Hercule encadré des colonnes rostrales du château de Richelieu dominait le bout du bassin de Neptune. La partie agricole du domaine comprenait une "vacherie" et un élevage de moutons mérinos qui compta jusqu'à 2000 têtes.
Le temple, achevé en 1807, se situait au bord de la rivière. Il est l'oeuvre de Berthault, qui reprit des éléments existants (temple du parc de Le Couteulx ?). Les colonnes de marbre proviennent d'églises parisiennes pillées à la Révolution. La statue de l'Amour (6), par Tassaert, qui s'y trouvait jusqu'en 1877, est conservée au musée du château, dans le "pavillon des voitures".
Le temple est maintenant dans une des propriétés du "parc de la Malmaison", lotissement privé, au bout à droite de l'avenue Marmontel, d'où il peut être entr'aperçu.
Quant au parc du château, son arrière est tellement diminué que le visiteur, après avoir parcouru l'avant parc qui reste conforme à l'image attendue, ressent un choc quand il dépasse le coin du bâtiment et découvre un terrain amputé, où le regard ne retrouve aucune perspective de l'ampleur imaginée. On voit bien que de forts arbres subsistent sur des parcelles au-delà des clôtures; ils n'en font que plus percevoir les amputations subies.
Le cèdre (également visible sur la vue au-dessus) a été planté par Joséphine à l'annonce de la victoire de Marengo
.
Cette statue est une modeste copie. Elle n'a rien à voir avec le majestueux Neptune qui, à l'époque, dominait l'extrémité du segment amont de la rivière anglaise (un bassin rectiligne plus loin que le temple de l'Amour).
La tradition veut que Bonaparte eut l'habitude d'y travailler en été lorsque, Premier Consul, il résidait à Malmaison. Toutefois, l'usage s'est fixé sur la dénomination de "pavillon de l'Empereur". Ce pavillon avait été bâti pour Le Couteulx du Molay. D'après une aquarelle qui le représente probablement, il comportait à l'origine un colombage apparent de rondins et un toit de chaume, le rapprochant beaucoup des chaumières du parc de Saint-Leu. C'est sans doute cette apparence champêtre que Joséphine et Napoléon connurent, mais les descriptions d'époque restent muettes à cet égard; elles renseignent en revanche sur la décoration intérieure Directoire, que l'on s'est efforcé de retrouver au mieux. L'extérieur actuel remonte à la seconde moitié du 19 ème siècle, quand il fut refait pour la reine Mathilde.
Bien entendu, le domaine englobait à l'époque le terrain où se trouve le temple. Sur la vue agrandie on voit nettement le reliquat de la rivière anglaise, à droite du temple.
Le mausolée est situé à gauche dans l'allée Marmontel; il date de 1938, époque où il remplaça le précédent, délabré. Le premier avait été édifié vers 1880 par l'impératrice Eugénie à la mémoire de son fils mort pendant la guerre du Transvaal. Le prince impérial est inhumé en Angleterre, aux côtés de ses parents.
Le domaine a été éclaté puis partiellement réuni. On peut s'attacher à :
la Malmaison
proprement dite (voir les horaires sur ce site),
Bois-Préau
fermé actuellement pour travaux, qui conserve un très beau parc anglais,
la petite Malmaison
, demeure privée dans l'ancienne orangerie, ouverte à la visite,
L'étang de Saint-Cucufa : la maison forestière groupe deux chalets de Morel, très transformés.
visites promenades de l'Office de Tourisme
, où l'on passe devant le temple.
sur le site de la Fondation Napoléon
, description d'un parcours passant devant le temple.
La station RER de Rueil est assez éloignée. En voiture, suivre le panneau "Malmaison" sur une voie annoncée en impasse et se garer dans le parc public gratuit en face de la grille d'honneur. Reprendre la voiture pour se rendre à Saint-Cucufa.
OuvragesBernard Chevallier : Malmaison, château et domaine des origines à 1904, Paris, RMN, 1989. Epuisé, à consulter en bibliothèque (thèse de 1987 du Conservateur en chef de la Malmaison).
Marie-Blanche d'Arneville : Parcs et jardins sous le Premier Empire, reflets d'une société, Paris, Librairie Jules Tallandier, 1981 ISBN : 2-235-01082-2 (épuisé)
Ouvrage collectif : l'impératrice Joséphine et les sciences naturelles, RMN, catalogue de l'exposition de 1997. ISBN 2-7118-3521-9
Nicole Hubert : La société ancienne et la nouvelle sous le Consulat, article paru dans la Revue du souvenir napoléonien n° 256, oct. 1970
Notes